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Agence AK-A : mais qui peut les stopper ?

La Natural Hair Academy, les Brown Sugar Days, le #NHAMag, l’application My Fro Mood et maintenant les Brown Sugar Comedy, tout semble réussir à l’agence AK-A. Si l’entreprise est essentiellement reconnue pour ses événements, ce ne sont pas les seuls services qu’elle propose. Nous avons donc décidé d’en savoir un peu plus.

Hello Didier, tout d’abord, merci de nous accorder cette interview.

Quelles sont les activités de l’agence hors événementiel ? 

Nous sommes une agence de communication. Nous en travaillons tous les aspects pour nos clients : stratégie, création, plan média online/offline, community management.

Avez qui travaillez-vous ?

Nous avons la chance d’avoir une clientèle opérant dans des domaines d’activité varié s: l’agro-alimentaire avec Vitamalt ou Caresse Antillaise, la cosmétique avec Design Essentials par exemple.

En quoi consiste le marketing ethnique, très simplement ?

Le marketing c’est la segmentation. Le marketing ethnique s’adresse aux opérateurs désireux de cibler des groupes dont les comportements de consommation sont influencés par les origines, ou certains codes culturels propres.

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Vous vous êtes lancés il y a 10 ans. Encore aujourd’hui, le business « communautaire » peut apparaître comme un manque d’intégration voir une forme de marginalisation. Vous êtes fous ?

Nous sentions plutôt l’inverse ! Les consommateurs afro-français étaient de fait marginalisés avec des offres ne répondant pas à leur besoin, et notre marketing devait permettre de changer cela afin qu’ils deviennent des consommateurs pleinement respectés et intégrés à l’offre des réseaux de distribution.

Comment avez-vous convaincu les marques ?

Nous avons dû borner le marché. Nous avons dû montrer son potentiel en étant capable de fournir des données chiffrées. C’est ce que nous avons fait dès 2006 avec notre grande étude « comportements de consommation » sur la population afro-francaise sur 4 secteurs clés : cosmétique, agro-alimentaire, transfert d’argent et téléphonie. Nous avons donné des outils, une grille de lecture aux marques. Cela, couplé avec un gros travail de RP, a permis de susciter leur intérêt.

Le marketing ethnique est-il désormais reconnu en France ? 

Oui et non. « Oui » car il y a plusieurs exemples concrets de campagnes ayant marqué les esprits, et « non » car il y a encore un nombre incalculable de responsables marketing n’envisageant ce marché que comme une petite opportunité ne méritant pas qu’on y consacre trop de moyens. On a encore trop souvent des sociétés importantes, qui nous demandent de construire des plans médias impactant avec 10 000 euros… c’est tout juste le prix d’une page  de pub dans un mensuel féminin national…

Il faut faire des miracles sans les moyens qui vont avec.. difficile.

On a parfois l’impression que la cible ethnique est la dernière roue du carrosse.

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Vous assumez entièrement votre côté F.U.B.U (For Us By Us). Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à un jeune qui souhaiterait se lancer dans un business considéré comme communautaire, mais qui aurait peur des retombées négatives que cela pourrait engendrer ?

Nous faisons des choses qui nous plaisent, qui s’inscrivent dans notre identité culturelle, et notre parcours entrepreunarial. Il n’y a rien de communautariste là-dedans. Nous sommes français, très heureux de l’être, nous sommes afro-descendants et très heureux de l’être également. Qu’ils s’agissent de la NHA, BSD, ou BSC, nos événements, de façon assumée, mettent en avant le savoir faire des afro-français. Mais tout le monde est bienvenu ! Nous sommes dans le positif, le partage. Donc à toute personne désireuse de se lancer sur ce créneau je dirai qu’il faut être passionné, compétent et ouvert d’esprit.

Nous sommes de cette génération qui assume pleinement son identité et qui agit pour qu’elle soit respectée.

Tu étais trader avant de rejoindre l’agence et avec un salaire confortable (tout du moins on l’imagine). Quel a été le déclic pour toi ? Ce petit truc qui fait que tu as osé sauter le pas ? 

L’envie d’entreprendre, d’être à mon compte avec mes associés. Et puis le domaine était neuf. J’avais la sensation que tout était à faire. C’était une aventure excitante.

On dit souvent qu’il n’est pas forcément bon d’entreprendre en famille ou avec ses amis, tu as fait les deux. Bilan ? Quels sont les avantages et les inconvénients ?

Il faut être certain de la solidité de la relation avant de se lancer. De notre côté il n’y avait aucun doute là-dessus. Moi, mes « gars sûrs » sont mes associés, le noyau dur. On a tout connu, on veut aller le plus loin possible ensemble.

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Où puisez-vous votre inspiration ?

Dans le dombré crabe !

A chacun de vos événements, les billets s’envolent (le Brown Sugar Comedy était SOLD OUT en moins de deux semaines) et même si l’on sait qu’il y a énormément de travail derrière, on a l’impression que tout est devenu tellement facile pour vous. Avez-vous encore des rêves/challenges ? 

Je ne sais pas si cela semble facile mais je vous promets que ça ne l’est pas du tout. C’est vrai que pour BSC nous avons été très agréablement surpris par le succès incroyable de cette première édition. Mais que ce soit pour BSD ou la NHA nous devons systématiquement nous remettre en question, ne pas nous endormir ou croire que les choses sont acquises. N’oublions pas qu’en 2012 pour la première NHA, nous avions 180 participantes et 1 conférence. Nous avions 4500 personnes et 13 conférences pour la dernière au parc floral…C’est parce que nous retournons toujours au charbon qu’une telle évolution a été possible. Nous devons toujours respecter les gens qui payent pour venir assister à nos événements, il en va de même pour les sponsors qui nous font confiance. Nous devons aussi donner le maximum quand il s’agit de mettre à l’honneur le savoir-faire, ou la beauté afro. Ils le méritent.

On travaille sur un nouveau concept. Stay tuned!

De combien de personnes se compose votre équipe ?

Six.

Certaines personnes se demandent pourquoi il n’y a pas de film récent diffusé lors des Brown Sugar Days, est-ce un choix volontaire ? 

Je pense que les personnes se posant ces questions n’ont pas vraiment assisté à BSD !

Si on parle de la dernière édition, le 30 octobre 2016, il y avait 4 films dont : Barbershop 3 sorti en mars 2016 aux USA, Keanu sorti en juin 2016, et Le Gang des Antillais en avant-première! Dans chaque édition, nous essayons d’avoir un classique et 3 films récents. Nous avons eu l’avant-première de Dear White People pour BSD1 ou encore l’avant-première de Dope pour BSD2. Finalement, la seule édition ou la proportion de « classiques » était la plus importante était la première ou là, on s’était fait plaisir!

Envisagez-vous de faire évoluer les Brown Sugar Days avec la venue de stars américaines par exemple ? 

Faire venir des stars américaines c’est extrêmement compliqué et ça coûte une véritable fortune.

Nous sommes déjà en contact avec un certain nombre de stars américaines, mais nous sommes des indépendants, et on ne peut pas se permettre toutes les folies.

Nous y parviendrons lorsque nous doublerons voir triplerons les budgets sponsoring autour de BSD.

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Comment avez-vous dépassé le fameux « I bon kon sa » ? (NDLR : « C’est bon comme ça en créole). 

Nous sommes persuadés qu’il n’y a aucune raison qu’on nous fasse particulièrement de cadeaux.

Si l’on aspire à convaincre des clients, des grandes sociétés internationales, des sponsors, des structures plus petites, des visiteurs etc. Nous devons avoir le même degré d’exigence envers nous-mêmes que toutes les autres agences de communication. A partir du moment où nous ne nous considérons pas comme des victimes, nous n’avons pas de raison de penser que « l’à-peu-près » sera suffisant. A partir du moment où nous avons le respect des gens qui nous  payent qu’ils soient nos clients, ou les personnes venant assister à nos événements, nous devons donner le meilleur. Nous sommes loin d’être parfaits, nous ferons encore des erreurs, mais sur chacune de nos missions nous sommes engagés à 100%.

Vous représentez une belle source d’inspiration pour les jeunes d’Outre-Mer, avez-vous prévu de développer des événements sur ces territoires ? 

Nous y réfléchissons. Nous devons dégager du temps et identifier les partenaires de confiance. Le processus est en cours.

Que peut-on vous souhaiter pour cette année 2017 ?

De pouvoir continuer à faire ce que l’on aime, de continuer à surprendre nos clients et toutes les personnes formidables qui nous suivent. Je vous invite d’ailleurs tous à vous connecter sur nos réseaux sociaux pour être informés de notre actualité.

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